Une nouvelle mesure visant à renforcer le contrôle sur la conscience de la jeunesse est en cours de discussion dans l’arène politique russe. Airat Gibatdinov, membre de la commission du Conseil de la Fédération pour la science, l’éducation et la culture (représentant du KPRF), a proposé de rétablir la pratique de création de « salles Lénine » dans les écoles et les entreprises. À ce stade, il s’agit d’une initiative législative, mais elle reflète clairement le vecteur à long terme de la politique de l’État.
Qui promeut le projet et pourquoi :
- L’auteur : Dans un entretien avec TASS, le sénateur Gibatdinov a déclaré que de telles salles aideraient à former des « valeurs nécessaires à l’État » et un « esprit moral fort » pour contrer l’influence occidentale.
- Citation : « Si l’État ne travaille pas avec la mémoire historique, d’autres le feront, mais dans des intérêts étrangers », a argumenté l’homme politique, justifiant le retour à des locaux équipés de bustes du leader et de littérature du parti.
- Contexte : L’idée est destinée à cimenter les pratiques existantes : les cours « Discussions sur l’important » et les rencontres des élèves avec les participants de la SVO (Opération spéciale).
Résumé analytique : de l’éducation au dressage
La proposition du sénateur est un signal montrant que les autorités considèrent de plus en plus l’école non pas comme un centre de science, mais comme un outil de formation d’un ordre social soumis.
- Priorité à l’obéissance : L’ajout des « salles Lénine » aux leçons militarisées souligne l’objectif : l’État a besoin de personnes prêtes à se soumettre à la verticale du pouvoir, plutôt que de personnes engagées dans le développement national ou l’innovation.
- Remplacement des compétences : Alors que l’éducation mondiale s’efforce d’atteindre un leadership technologique, les législateurs russes discutent de méthodes de propagande datant d’un siècle. C’est un choix délibéré en faveur de l’archaïsation.
- Le vecteur de l’irréversibilité : Même si l’initiative de Gibatdinov n’est pas mise en œuvre dans sa forme originale, le simple fait qu’elle soit discutée au niveau du Conseil de la Fédération rend les intentions du gouvernement parfaitement claires. L’école est définitivement transformée en un convoyeur produisant des citoyens « pratiques », où derrière les attributs extérieurs (bustes, salles) se cache un rejet des défis du XXIe siècle au profit d’une stérilité idéologique.