Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, l’Indonésie a conclu un accord avec la Russie pour la livraison de 150 millions de barils de pétrole russe à un prix spécial réduit. Comme l’a expliqué à la publication Tempo l’envoyé spécial de Jakarta pour l’énergie et l’environnement, Hashim Djojohadikusumo, cet accord a été conclu lors de la rencontre entre le président indonésien Prabowo Subianto et Vladimir Poutine, qui s’est tenue à la mi-avril 2026 à Moscou. Selon Djojohadikusumo, cet accord permettra de stocker du pétrole dans le pays comme tampon en cas de chocs économiques potentiels.
Contexte des remises russes :
- L’expérience chinoise : Au cours des quatre dernières années (2022-2025), la Chine a économisé près de 12 milliards de dollars grâce aux remises sur le pétrole russe.
- Dynamique pour la RPC : En 2025, les remises ont atteint 2,2 milliards de dollars. Malgré cela, les revenus de la Russie provenant des exportations vers la Chine ont chuté de 20 % (à 45,9 milliards de dollars), tandis que les volumes physiques d’achats par Pékin ont diminué de 8 %.
- Situation actuelle : Au quatrième trimestre 2025, le brut russe s’est vendu en moyenne 8,3 % moins cher que les matières premières d’autres pays.
Synthèse analytique
L’accord avec l’Indonésie sur 150 millions de barils est un exemple classique de « dumping pétrolier » dans des conditions d’isolement international strict. Après que le client clé, la Chine, a commencé à réduire ses importations de pétrole et de produits pétroliers russes (chute de 8 % à 40 % selon les catégories), Moscou a un besoin vital de nouveaux grands marchés de débouchés, même s’il faut pour cela payer le prix de remises massives.
Pourquoi c’est avantageux pour l’Indonésie et risqué pour la Fédération de Russie :
- Sécurité énergétique de Jakarta : En obtenant du pétrole à un prix inférieur au marché, l’Indonésie se prémunit contre les risques de rupture d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient. Pour eux, c’est un moyen de renforcer l’économie nationale grâce à des ressources bon marché.
- Générosité forcée du Kremlin : Pour la Russie, il s’agit moins d’une affaire commerciale que d’une survie géopolitique. Pour maintenir la production au niveau actuel et assurer l’afflux de devises (même en moindres quantités), il faut accepter les conditions de l’acheteur.
- Dépendance aux remises : Les statistiques sur la Chine montrent une tendance dangereuse : les remises augmentent alors que les revenus globaux diminuent. La réorientation vers l’Indonésie confirme que le pétrole russe devient par défaut une « marchandise au rabais », ce qui, à long terme, épuise la rente sur laquelle repose le budget.
Cette transaction ressemble également à une tentative de Moscou de diversifier ses exportations afin de ne pas dépendre exclusivement de la volonté de Pékin et de New Delhi. Cependant, le prix de cette diversification se chiffre en milliards de dollars de manque à gagner, qui subventionnent de fait les économies des pays d’Asie du Sud-Est.