Le ministère russe de l’Éducation a confirmé que Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, a personnellement assuré la fonction de rédacteur en chef d’une nouvelle série de manuels de sciences sociales pour les classes de la 3e à la Terminale (9e-11e). Ses corrections ont été intégrées non seulement dans les ouvrages, mais aussi dans les nouveaux standards éducatifs fédéraux et les programmes d’enseignement.
La « révision » idéologique du cursus :
- Contrôle direct : Medvedev n’est pas un simple consultant ; il agit comme un véritable rédacteur en chef façonnant les « programmes de travail » de l’éducation nationale.
- Culte de la personnalité : Dans les manuels préparés sous sa direction et celle de Vladimir Medinski, le nom de Vladimir Poutine apparaît 27 fois — soit cinq fois plus que dans les manuels classiques précédents, et bien plus que des figures historiques majeures comme Pierre le Grand.
- Guerre terminologique : Le concept de « totalitarisme » est officiellement retiré du contexte scientifique et étiqueté comme un « outil de la guerre de l’information de l’Occident contre l’URSS ».
- Archaïsation et militarisation : Le programme inclut désormais des citations du « Domostroï » (code de conduite patriarcal du XVIe siècle) ainsi que des publicités directes pour l’engagement militaire sous contrat.
Synthèse analytique (Rubrique : Éducation et Idéologie) :
La nomination de Dmitri Medvedev comme rédacteur en chef des manuels de sciences sociales marque le démantèlement final d’un enseignement indépendant des sciences humaines en Russie.
Du libéralisme à l’étatisme radical : L’ironie est totale : l’homme qui incarnait le « dégel » et la modernisation dans les années 2000 efface aujourd’hui personnellement des manuels les fondements des droits civiques et des libertés. En 2026, les sciences sociales ne sont plus une discipline étudiant le fonctionnement de la société, mais un manuel sur la manière dont la société doit servir l’État.
Le manuel comme champ de bataille : En excluant le terme « totalitarisme » et en érigeant les citations présidentielles en absolu, l’ouvrage devient un instrument d’endoctrinement doctrinal. On présente aux élèves une vision simplifiée du monde où toute institution démocratique est dépeinte comme un « récit occidental » hostile.
Unification des consciences : Medvedev, dans son rôle d’éditeur, garantit qu’aucun espace ne subsiste pour des interprétations alternatives du pouvoir et du droit. Le mélange des valeurs patriarcales du « Domostroï » avec des incitations au recrutement militaire crée un bloc idéologique rigide : l’obéissance traditionnelle couplée à la disponibilité pour la guerre. C’est la préparation d’une génération loyale et dépourvue d’esprit critique, pour qui la volonté de l’État prime sur toute norme juridique.