Le ministère russe des Affaires étrangères (MAE) a lancé un appel officiel à Washington pour réviser sa politique de visas, qui reste l’un des principaux « points de friction » dans les relations bilatérales. Le ministère insiste sur la reprise des services consulaires américains directement en Russie, qualifiant la pratique actuelle d’obtention des visas d’« humiliante » et de discriminatoire.
Points clés de l’appel du MAE :
- Impasse logistique : Depuis septembre 2025, les règles se sont durcies — les Russes doivent passer leurs entretiens strictement dans leur pays de citoyenneté ou de résidence permanente. Comme aucun visa n’est délivré en RF depuis 2021, les citoyens n’ont plus que deux options : Astana (Kazakhstan) et Varsovie (Pologne), cette dernière nécessitant une autorisation d’entrée distincte et complexe.
- Contexte sportif : Moscou invoque la prochaine Coupe du Monde de la FIFA 2026 cet été, dont la majorité des matchs se dérouleront aux États-Unis. Le MAE espère que Washington lèvera les restrictions pour les supporters russes.
- Accusations de discrimination : Le ministère souligne que les exigences actuelles compliquent artificiellement la vie des touristes, des étudiants et des participants aux programmes de travail.
Synthèse analytique : Cette nouvelle démarche du MAE russe en mars 2026 ressemble davantage à un élément de guerre informationnelle qu’à une initiative diplomatique réelle. L’utilisation du Mondial 2026 comme levier est une tentative d’exploiter un événement sportif mondial ; cependant, compte tenu du statut d’« État agresseur » et de la rupture diplomatique profonde, la probabilité de concessions américaines est quasi nulle. Pour les citoyens russes, la situation reste bloquée : les règles de « dépôt au lieu de résidence » introduites à l’automne 2025 les ont de fait enfermés dans un couloir étroit entre le Kazakhstan et la Pologne. Le recours au terme « humiliant » confirme que le Kremlin est sensible à l’isolement de ses citoyens, mais n’est pas prêt à des compromis politiques.