La Russie a déployé, « sous couvert des événements au Moyen-Orient », trois sous-marins au large des côtes britanniques et dans les eaux limitrophes pour mener des « activités malveillantes contre les infrastructures sous-marines critiques ». C’est ce qu’a affirmé officiellement le gouvernement britannique. « Au président Poutine, je dis : « Nous vous voyons ». Nous voyons vos activités au-dessus de nos câbles et pipelines. Et vous devez savoir que toute tentative de les endommager est inacceptable et entraînera de graves conséquences », a déclaré le ministre de la Défense, John Healey.
Détails de l’opération secrète :
- Manœuvre de diversion : L’opération aurait débuté il y a quelques semaines par l’entrée d’un sous-marin nucléaire d’attaque de classe Akula dans les eaux internationales du Grand Nord, servant de diversion pour mobiliser les forces de l’OTAN.
- Unités spécialisées du GUGI : Alors que les avions et navires britanniques et norvégiens surveillaient l’Akula, Londres a repéré deux autres submersibles spécialisés dans d’autres zones. Ceux-ci appartiendraient à la Direction principale de la recherche sous-marine (GUGI), une unité d’élite capable d’intervenir à grande profondeur pour manipuler des câbles ou poser des capteurs.
- Coordination alliée : La détection a été rendue possible grâce à une coopération étroite entre le Royaume-Uni et la Norvège, permettant un suivi 24h/24 des mouvements russes.
Synthèse analytique :
Les accusations de Londres portent la guerre hybride entre la Russie et l’Occident à un nouveau niveau : celui des abysses. Il ne s’agit pas seulement de surveillance, mais d’une démonstration de capacité à paralyser instantanément l’économie numérique européenne.
Vulnérabilité du « système nerveux » mondial : Environ 95 % du trafic internet mondial et des transactions financières transitent par des câbles sous-marins. La présence de sous-marins du GUGI dans ces zones constitue une menace directe pour l’intégrité physique du réseau mondial. En rendant ces activités publiques, le Royaume-Uni tente de priver Moscou de l’effet de surprise.
[Image de la carte mondiale des câbles sous-marins]
Stratégie de « double pression » : Tandis que des navires de surface russes escortent des pétroliers dans la Manche, les sous-marins du GUGI « sondent » les fonds marins à la recherche des points faibles de l’OTAN. C’est une stratégie globale : la Russie montre qu’elle peut simultanément protéger ses revenus d’exportation et menacer les communications vitales de ses adversaires. Pour une nation insulaire comme le Royaume-Uni, le défi est immense.
Confrontation technologique : Le fait que la Royal Navy, avec l’appui de la Norvège, ait pu déjouer une opération multicouche impliquant un leurre démontre une haute maîtrise du contrôle hydroacoustique par l’OTAN dans la région. Cependant, ce jeu du « chat et de la souris » dans les profondeurs nécessite des ressources colossales. La divulgation de ces informations est aussi un signal envoyé aux alliés sur l’urgence d’investir dans la protection des fonds marins, longtemps restés une « zone grise » de la sécurité.