Le marché russe traverse une transformation structurelle sans précédent. Selon les données de Rusprofile, le nombre d’entreprises avec des fondateurs chinois est passé de 1 434 en décembre 2021 à près de 15 000 en février 2026. Désormais, une entreprise sur cinq avec participation étrangère en Russie (22,3 %) appartient à des capitaux de la RPC. Cela témoigne non pas d’un simple partenariat, mais d’une véritable « prise de contrôle » des niches libérées par les marques occidentales.
Commerce, construction et restauration : où vont les investissements chinois
Le fer de lance des entreprises chinoises se concentre dans trois secteurs : le commerce de gros et de détail (plus de 4 200 entités), la construction et la restauration. L’année dernière a été marquée par un record absolu avec l’ouverture de 4 317 nouvelles organisations. Il est à noter que les entrepreneurs chinois ne se contentent pas de créer des entreprises à partir de zéro, mais rachètent également activement des actifs russes existants. En 2025, pour trois nouvelles immatriculations, une transaction concernait le rachat d’une entreprise déjà opérationnelle.
Du partenariat à la dépendance : la nouvelle réalité du marché russe
La croissance rapide de la participation chinoise est une conséquence directe de l’isolation vis-à-vis des technologies et des capitaux occidentaux. Alors que les petites entreprises russes sont en « mode survie » à cause des impôts, les acteurs chinois acquièrent un avantage stratégique. Cette dynamique crée des risques à long terme : l’économie russe devient extrêmement vulnérable aux changements de politique commerciale de Pékin, se transformant de fait en un marché périphérique pour les grandes entreprises chinoises.