L’un des plus grands géants de l’acier en Russie — le combinat métallurgique de Magnitogorsk (MMK) — est de fait passé en mode « conservation ». Le directeur général Pavel Shilyaev a annoncé une réduction du taux d’utilisation des capacités à 60 %, l’arrêt complet des programmes d’investissement et de la maintenance des équipements. Dans le cadre d’une réduction des coûts, l’entreprise licencie 10 % de son personnel administratif.
Facteurs clés de la crise :
- Surplus de l’offre : Les capacités de production des métallurgistes russes sont deux fois supérieures aux besoins du marché intérieur, alors que l’exportation est coupée par les sanctions.
- Chute de la production : La production d’acier chez MMK est tombée à son plus bas niveau en 10 ans, soit 10,2 millions de tonnes.
- Pertes financières : La perte nette du groupe pour l’année s’est élevée à 14,9 milliards de roubles, le chiffre d’affaires a chuté de 20 % et l’EBITDA a été réduit de moitié.
L’arrêt des capacités touche l’ensemble de la structure du groupe : la mine Chertinskaya-Koksovaya a été suspendue, des unités de « MMK-Metiz » ont été arrêtées, et les employés de l’usine de Lysva ont été mis au chômage partiel. La direction ne prévoit aucun rebond de la demande en 2026.
Synthèse analytique : La crise de MMK illustre parfaitement l’impasse de l’industrie lourde. La métallurgie, qui assure 20 % du marché intérieur, est prise en étau entre des exportations non rentables et une demande intérieure atone. L’arrêt des investissements et des réparations signifie une consommation du capital fixe : l’équipement va dépérir sans modernisation possible. C’est le signal d’une désindustrialisation profonde : quand les fleurons du secteur ferment leurs ateliers et licencient, cela entraîne inévitablement la dégradation des secteurs connexes — de l’extraction de charbon à la construction mécanique. La Russie perd son statut d’acteur métallurgique mondial pour devenir un marché fermé, en surproduction et à rentabilité négative.