Pertes record et licenciements massifs : l’échec du modèle « MyOffice »

Le développeur russe de logiciels de bureau « Nouvelles Technologies Cloud » (marque « MyOffice ») entame des licenciements à grande échelle. Le directeur général de l’entreprise, Viatcheslav Zakorjevski, a reconnu dans une lettre aux employés datée du 23 mars 2026 de « graves difficultés financières » et la nécessité d’une restructuration radicale de l’activité.

Indicateurs financiers et ampleur de la crise :

  • Pertes : Pour la période 2023-2024, la perte nette de la société s’est élevée à 6,2 milliards de roubles. Les données pour 2025 ne sont pas encore consolidées, mais à en juger par la restructuration annoncée, la tendance à la baisse s’est poursuivie.
  • Effectifs : Le personnel de l’entreprise dépasse les 1 000 personnes. Le nombre exact de postes supprimés n’est pas précisé, mais il est question d’un caractère « massif » des notifications au cours des deux prochaines semaines.
  • Causes : La direction invoque une baisse des volumes dans les secteurs clés de l’entreprise. Malgré le départ de Microsoft, l’alternative nationale n’a pas réussi à assurer la viabilité financière de son modèle.

Analyse et conclusion : L’effondrement d’un fleuron du logiciel russe est le signe de l’épuisement des ressources de la substitution administrative aux importations. Les coûts de développement élevés, combinés à un marché intérieur limité et à l’impossibilité d’une expansion vers l’Occident, ont créé un piège financier. Même dans un contexte de participation de l’État et de pression des sanctions, les entreprises russes préfèrent souvent des circuits « gris » pour utiliser des logiciels occidentaux ou des solutions Open Source gratuites, ce qui rend le modèle économique des analogues nationaux payants structurellement déficitaire sans subventions étatiques permanentes.

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