Un pessimisme profond s’installe dans le secteur réel russe. L’indice composite de l’optimisme industriel, calculé par l’Institut de prévision économique de l’Académie des sciences de Russie (INP RAN), est tombé à -20 points en mars. Cette chute ramène le moral des entreprises aux niveaux de chaos des années 1990 ayant suivi l’effondrement de l’URSS.
Indicateurs clés de la dépression industrielle :
- Minimum historique : Au cours des 30 dernières années, l’indice n’est tombé sous les niveaux actuels qu’à trois reprises : lors de la pandémie (2020), de la crise financière mondiale (2008) et des « sombres » années 90.
- Chute prolongée : Mars est le 16ème mois consécutif où les attentes négatives prédominent dans l’industrie. L’effondrement a commencé au printemps 2024, alors que l’indice était à un sommet de +22 points.
- Crise de la demande : La cause principale du découragement des fabricants est l’effondrement de la demande, dont l’indice a atteint un plus bas post-COVID à -35 points. La situation n’a été pire qu’au plus fort de la crise financière mondiale de 2009.
Selon l’auteur de l’indice, Sergueï Tsoukhlo, la baisse actuelle du moral a pris un caractère durable et systémique, reflétant l’incapacité des entreprises à s’adapter aux nouvelles réalités économiques.
Synthèse analytique : L’effondrement de l’indice d’optimisme industriel aux niveaux des années 1990 est un diagnostic pour une économie russe qui a définitivement perdu ses moteurs de croissance. Une situation où la demande chute à des valeurs observées pour la dernière fois il y a vingt-cinq ans indique que même les mesures de relance de la défense d’État ne suffisent plus à porter les secteurs civils et connexes. Les entreprises font face à un « effet de ciseaux » : d’un côté, la contraction des marchés de vente, de l’autre, l’impossibilité de planifier en raison d’une incertitude élevée. Le fait que ce pessimisme dure depuis 16 mois témoigne d’une transition d’une crise aiguë vers une crise chronique, ce qui mènera inévitablement à la réduction des programmes d’investissement et à une dégradation technologique accrue de la production.