La Banque de Russie a publié les résultats d’une étude sur les valeurs économiques dominantes des citoyens. Selon les conclusions du régulateur, l’idéal pour une partie importante des répondants est un « pays-usine » autosuffisant, sur le modèle de l’Union soviétique ou de la Chine contemporaine. Les personnes interrogées mettent l’accent sur la souveraineté de l’État, la puissance industrielle et l’indépendance totale vis-à-vis des marchés extérieurs.
Dans le cadre de ce « récit économique nucléaire », la Russie est perçue comme un pays aux ressources naturelles illimitées et au riche capital humain, ce qui devrait lui permettre de produire tous les biens de consommation sur son territoire. Notamment, la Biélorussie figure également parmi les idéaux économiques, tandis que l’économie américaine est perçue comme une « bulle de spéculation financière » dénuée de production réelle.
Demande de régulation étatique et lutte contre la « cupidité »
L’étude accorde une attention particulière aux opinions des Russes sur l’inflation. La plupart des personnes interrogées voient la cause de la hausse des prix non pas dans des facteurs monétaires, mais dans la « cupidité des entreprises » et le désir des intermédiaires de s’enrichir sur le dos des autres. La seule méthode efficace proposée pour lutter contre l’inflation est une régulation administrative stricte des prix par l’État.
Les répondants insistent sur la nécessité de fixer le coût des denrées alimentaires de base, des vêtements, des médicaments et des articles pour enfants. Selon la Banque centrale, cette logique reflète une profonde méfiance à l’égard des mécanismes de marché et une aspiration à un modèle de gestion paternaliste où l’État assume la pleine responsabilité de la distribution des biens et du contrôle de la rentabilité du secteur privé.
Synthèse analytique : La popularité croissante du modèle soviétique témoigne du désenchantement des citoyens vis-à-vis de l’économie de marché face à la pression des sanctions. En 2026, cela augmentera la pression sociale sur le gouvernement pour geler les prix, ce qui, au mépris des lois du marché, mènera inévitablement à des pénuries de marchandises et à une baisse de la qualité des produits.