L’ambassadeur de Russie en Italie, Alexeï Paramonov, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères du pays pour exprimer une protestation contre les propos « extrêmement graves et offensants » tenus par le propagandiste télévisé Vladimir Soloviev à l’encontre de la Première ministre de la République, Giorgia Meloni. C’est ce qu’a rapporté le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani.
La veille, lors de son émission « Full Contact », Soloviev avait utilisé des termes dérogatoires contre Meloni en italien et en russe. Plus précisément, il l’a qualifiée de « putain » et de « bête fasciste » car, selon lui, elle aurait « trahi Trump, à qui elle avait juré fidélité ».
Réaction de Rome officielle :
- Giorgia Meloni : La chef du gouvernement italien a répondu à Soloviev sur le réseau social X, déclarant qu’un « propagandiste acharné du régime ne peut, par sa nature même, donner de leçons ni de cohérence ni de liberté ». Elle a particulièrement insisté : « Contrairement à d’autres, nous n’avons pas de fils attachés, nous n’avons pas de maîtres et personne ne nous donne d’ordres. »
- Guido Crosetto : Le ministre italien de la Défense a exigé que l’ambassade de Russie en Italie se « distancie » des propos de Soloviev.
Position de la partie russe : L’ambassadeur de Russie Alexeï Paramonov a déclaré que les diplomates italiens avaient « une fois de plus tapé sur le poteau ». Selon lui, aucune personne sensée ne songerait à percevoir des « évaluations privées purement personnelles et émotionnelles » comme une déclaration officielle d’un gouvernement.
Synthèse analytique
Le scandale diplomatique impliquant des insultes directes contre la dirigeante de l’Italie sape la ligne de politique étrangère traditionnellement retenue de Rome. Contrairement à l’Allemagne, à la France ou au Royaume-Uni, l’Italie a historiquement tenté de ne pas adopter de position maximalement rigide envers la Russie, maintenant un ton plus neutre et moins conflictuel. Cependant, de tels éclats de la part de figures des médias d’État russes détruisent de fait l’espace nécessaire à cette politique « souple ».
La thèse de Meloni sur « l’absence de fils et de maîtres » indique que Rome choisit finalement la voie d’une consolidation totale avec l’agenda européen général. L’insulte à la dignité nationale de la Première ministre prive le gouvernement italien de la possibilité de poursuivre son cours antérieur. Dans le contexte de 2026, cet incident force la dérive de l’Italie vers une rhétorique beaucoup plus agressive, caractéristique de Berlin ou de Paris. Au lieu de rester un pays à la position modérée, l’Italie démontre sa volonté d’être aussi unie que possible avec l’Union européenne en matière de pression sur Moscou, menant à l’élimination des dernières poches de neutralité dans la « Vieille Europe ».