Paralysie du raffinage : les drones neutralisent deux autres géants industriels de Rosneft

L’industrie pétrolière russe fait face à une nouvelle vague de perturbations technologiques. Deux entreprises clés de Rosneft — les raffineries de Novokuïbychevsk et de Touapsé — ont été contraintes d’arrêter totalement leurs cycles de production en raison des dommages infligés par des drones. Selon Reuters, l’ampleur des destructions exclut toute possibilité de reprise rapide des activités.

Conséquences pour la raffinerie de Touapsé (Kraï de Krasnodar) :

  • Seule raffinerie sur la côte russe de la mer Noire, avec une capacité de 12 millions de tonnes par an, elle n’est plus qu’un entrepôt d’équipements endommagés.
  • L’usine est à l’arrêt depuis le 16 avril, et une nouvelle attaque le 20 avril a détruit l’infrastructure portuaire et le parc de stockage.
  • En raison de l’impossibilité d’expédier le carburant via le port, l’unique unité de distillation primaire de pétrole brut a été stoppée.
  • L’incendie qui en a résulté était si massif que le panache de fumée a été détecté à 300 km de là, près de Stavropol.

La situation à la raffinerie de Novokuïbychevsk (Région de Samara) :

  • L’entreprise, d’une capacité de 8,3 millions de tonnes par an, a cessé toute production le 18 avril.
  • Une attaque survenue samedi a mis hors service les deux unités de traitement primaire — AVT-11 et AVT-9.
  • Cet arrêt est critique pour le marché régional, l’usine ayant fourni l’année dernière plus d’un million de tonnes d’essence et 1,5 million de tonnes de diesel.

Il est à noter que ce changement de priorités économiques se manifeste ailleurs : des drones sont désormais achetés même par des institutions éloignées des spécialités techniques, comme l’Académie de chorégraphie de Moscou ou des jardins d’enfants dans les régions de Tioumen et de Perm. Dans les programmes d’enseignement, le pilotage de drones est présenté comme une « activité de développement complémentaire ».

Synthèse analytique

L’arrêt simultané de deux des plus puissantes raffineries de Rosneft n’est pas un simple incident local, mais un coup systémique porté au potentiel d’exportation et à l’approvisionnement intérieur de la Russie. Si Touapsé représente avant tout une perte de revenus en devises, le groupe de Samara affecte directement la disponibilité du carburant dans les stations-service. La mise hors service des unités AVT (distillation atmosphérique et sous vide) est le point le plus « douloureux » : il s’agit d’équipements complexes dont la réparation peut être retardée indéfiniment par les sanctions sur les composants importés.

En 2026, nous observons la mise en œuvre d’une stratégie d’« impasse logistique et productive ». Lorsque non seulement l’usine elle-même, mais aussi l’infrastructure d’expédition sont endommagées (comme à Touapsé), l’entreprise devient inutile. Cela entraînera inévitablement une hausse des prix de gros et forcera le gouvernement à chercher des moyens d’urgence pour remplacer les capacités perdues, allant potentiellement jusqu’à un arrêt total des exportations de produits pétroliers.

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