Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne a approuvé une stratégie de défense globale dans laquelle la Fédération de Russie est officiellement qualifiée de principale menace pour la sécurité en Europe. C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Environnement allemand, Boris Pistorius, en présentant le document à Berlin.
Points clés de la nouvelle stratégie :
- Préparation au conflit : Selon le document, la Russie se réarme délibérément en vue d’une confrontation militaire avec l’OTAN et considère l’usage de la force comme un instrument légitime de sa politique étrangère.
- L’objectif de Moscou : Berlin estime que le Kremlin vise à détruire l’OTAN en brisant le lien Europe-États-Unis et cherche à étendre sa zone d’influence.
- La guerre hybride est déjà là : Pistorius a souligné que l’Allemagne est déjà la cible d’attaques constantes — sabotages, cyberattaques, campagnes de désinformation et espionnage sont devenus une réalité quotidienne, et les contrer est désormais une mission régulière de la Bundeswehr.
- Structure du document : Le concept comprend non seulement une stratégie militaire, mais aussi un plan de développement de la Bundeswehr détaillant une nouvelle structure et composition des forces armées, adaptées à l’éventualité d’une attaque contre les pays de l’Alliance.
Synthèse analytique
L’adoption d’une telle stratégie militaire marque un basculement tectonique dans la politique allemande. Pendant des décennies, la RFA a adhéré à une « culture de la retenue » et a fondé sa sécurité sur le partenariat économique avec Moscou. Cette époque est définitivement révolue. L’Allemagne ne se contente plus de reconnaître la menace ; elle assume officiellement le rôle de « colonne vertébrale » de la défense européenne.
Les déclarations de Pistorius sur les préparatifs russes d’une attaque contre l’OTAN sont synchronisées avec les récents rapports des services de renseignement d’autres pays de l’UE (notamment les Pays-Bas). Cela témoigne de la formation d’un consensus de défense unifié à l’Ouest en 2026. Pour la Bundeswehr, cela signifie passer de missions de maintien de la paix à l’étranger à la préparation d’un conflit de haute intensité sur le flanc est. Le fait que la Russie soit désignée comme menace n°1 dans un document stratégique donne les coudées franches au gouvernement allemand pour augmenter massivement ses dépenses militaires et se réarmer, transformant l’Allemagne en puissance militaire de premier plan au sein de l’UE.