Le marché du travail russe entre dans une phase de fortes turbulences. La combinaison d’une chute de la demande, de l’augmentation de la pression fiscale et d’un manque de fonds de roulement oblige les entreprises — des micro-entreprises aux géants d’État — à préparer des réductions d’effectifs massives. Les experts et les acteurs du marché sont catégoriques : « il n’y a tout simplement plus d’argent pour payer les salaires ».
Ampleur du problème par segment :
- PME (Petites et moyennes entreprises) : Les entrepreneurs rendent massivement leurs caisses enregistreuses, signe de fermeture ou de gel d’activité. Les prévisions pour 2026 annoncent la fermeture de jusqu’à 300 000 micro-entreprises (cafés, boulangeries, commerce de détail) en raison de la hausse des impôts.
- Entreprises d’État (RZD) : Face à des pertes se chiffrant en milliards et à l’effondrement du fret, les chemins de fer russes ont annoncé le licenciement de 15 % des effectifs de l’appareil central (environ 6 000 personnes), y compris les cadres des filiales.
- Industrie lourde (MMK) : Le Combinat métallurgique de Magnitogorsk a réduit sa charge à 60 %, a stoppé les investissements et s’apprête à licencier 10 % de son personnel d’encadrement. La cause est l’impact des sanctions et la chute de la demande des secteurs clés.
Synthèse analytique :
La situation actuelle du marché du travail marque la fin de l’ère du « chômage déguisé » et le passage à une crise ouverte de l’emploi.
Effondrement des fonds de roulement : Le constat majeur des experts est l’absence de chiffre d’affaires. Avec les taux directeurs extrêmement élevés de la Banque centrale, les entreprises ne peuvent plus emprunter pour couvrir les salaires lors des ruptures de trésorerie. L’été 2026 s’annonce comme une « période de vaches maigres » où le ralentissement saisonnier s’ajoutera aux pertes accumulées.
Étranglement fiscal : La hausse des impôts en 2026 s’est avérée fatale pour les PME. La fermeture massive des petites entreprises détruit le secteur des services et de l’auto-entrepreneuriat, qui servait jusqu’ici de tampon lors des crises précédentes. Ce tampon ayant disparu, des centaines de milliers de personnes se retrouveront sur le marché du travail au moment même où les grandes entreprises réduisent leurs effectifs, créant un cocktail explosif de tension sociale et de chute du pouvoir d’achat.