La Russie et la Chine ont bloqué l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon l’Associated Press, malgré plusieurs cycles de révision pour assouplir le texte, les deux pays ont exercé leur droit de veto.
Détails clés du vote :
- Répartition des voix : 11 des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté en faveur de la résolution présentée par Bahreïn. La Russie et la Chine s’y sont opposées, tandis que le Pakistan et la Colombie se sont abstenus.
- Le facteur ultimatum : Le vote a eu lieu quelques heures seulement avant l’expiration de l’ultimatum posé à l’Iran par le président américain Donald Trump : Téhéran devait ouvrir le détroit avant 20h00 (03h00 heure de Paris le 8 avril), sous peine de voir ses centrales électriques et ses ponts bombardés.
- Échec du compromis : Le texte avait été modéré à plusieurs reprises pour éviter un veto, mais Moscou et Pékin ont jugé les formulations inacceptables, les percevant probablement comme une manœuvre visant à légitimer des frappes américaines.
Synthèse analytique :
Le veto de la Russie et de la Chine prive Washington de la possibilité de s’appuyer sur le droit international pour frapper l’Iran, transformant l’opération imminente en une « guerre privée » de l’administration Trump.
Calcul géopolitique : Pour la Chine, un détroit fermé est une catastrophe économique, mais reconnaître le droit des États-Unis à « imposer l’ordre par la force » est un risque encore plus grand. Pour la Russie, le chaos actuel est bénéfique en raison des prix records du pétrole Oural (116 $). En soutenant l’Iran à l’ONU, les deux pays confirment leur statut de centres de pouvoir alternatifs capables de paralyser les initiatives de la Maison-Blanche.
Le piège de Trump : Donald Trump se retrouve dans une situation où l’exécution de son ultimatum apparaîtra comme une violation unilatérale de l’ordre international, sans le soutien du Conseil de sécurité. Cela fragilise les relations des États-Unis avec leurs alliés européens, traditionnellement pointilleux sur la légitimité des opérations militaires.
Le gambit iranien : Fort de l’appui de deux puissances nucléaires à l’ONU, Téhéran ne cédera probablement pas avant la fin du délai. Le veto a convaincu les ayatollahs qu’ils ne sont pas isolés. Le monde est désormais au bord de frappes massives contre les infrastructures iraniennes, ce qui pourrait provoquer une envolée imprévisible des prix de l’énergie et un nouveau cycle de confrontation mondiale.