Le volume des exportations russes non liées aux matières premières et à l’énergie (NNE) s’est élevé à 163,6 milliards de dollars en 2025, a annoncé Roman Chekushov, vice-ministre de l’Industrie et du Commerce. Malgré une hausse affichée de 11 % par rapport à l’année noire 2024, les chiffres confirment que la Russie ne retrouve pas son niveau d’avant-guerre.
La réalité des chiffres :
- Effondrement par rapport à 2021 : Le volume actuel est inférieur de 16 % (30,6 milliards $) au record historique de 2021 (194,2 milliards $).
- Dégradation technologique : Les exportations de « machines et équipements » ont chuté de 28 % (passant de 40,6 milliards $en 2021 à 29,6 milliards$).
- Inertie extractiviste : Bien que Vladimir Poutine ait affirmé en 2023 que la Russie n’était plus une « station-service », les matières premières ont représenté 53,9 % des exportations totales l’an dernier.
Synthèse analytique :
La croissance des exportations hors hydrocarbures en 2025 n’est qu’un effet de « base faible » après la chute catastrophique de 2024, où les volumes avaient atteint leur plus bas niveau en sept ans.
Une station-service aux cuves vides : Le Kremlin tente de présenter la baisse de la part du pétrole comme un succès de diversification. En réalité, c’est la conséquence des décotes liées aux sanctions et d’une conjoncture mondiale défavorable. La Russie ne vend pas plus de produits manufacturés ; elle reçoit simplement moins d’argent par baril.
Des exportations à faible valeur ajoutée : Même au sein de la catégorie hors matières premières, la croissance est portée par les produits de base — engrais, métaux et produits agricoles. Le secteur de haute technologie continue de décliner, privé de composants occidentaux par les sanctions.
L’illusion de la « demande » : Les rapports officiels sur l’attractivité des produits russes ignorent que les exportations vers les pays « amis » se font souvent avec des rabais massifs et des coûts logistiques qui absorbent les profits. L’économie russe reste l’otage d’un modèle extractif, mais avec un socle technologique désormais délabré.