Selon la station de radio française RFI, un officier de haut rang du GRU, Andreï Averianov, a été tué lors d’une frappe contre le pétrolier Qendil en décembre 2025. Le général, connu pour être le coordinateur des opérations les plus sensibles à l’étranger (y compris les activités en Afrique après la mort de Prigojine), se trouvait à bord du navire accompagné de dix agents de renseignement déguisés en membres d’équipage.
Détails clés de l’opération et conséquences :
- La piste ukrainienne en Libye : Selon des sources, l’attaque a été menée par des unités spéciales ukrainiennes opérant en coordination avec le gouvernement de Tripoli. L’utilisation d’un pétrolier comme couverture confirme la thèse de la transformation de la « flotte fantôme » en instrument de guerre hybride.
- Réaction en chaîne de vengeance : La mort d’Averianov a déclenché une série d’incidents. Le 23 décembre, l’avion du chef d’état-major libyen, le général Mohammed al-Haddad, a explosé en Turquie, et le 19 mars, un sabotage utilisant des munitions russes a eu lieu sur le gisement pétrolier d’El Sharara.
- Statut de la cible : Averianov était considéré comme le successeur de l’influence de la société militaire privée Wagner en Afrique et le chef des unités responsables des actions de force en Europe et dans le monde.
Synthèse analytique :
La mort d’Andreï Averianov représente le coup le plus dur porté au GRU depuis la fin de la guerre froide.
Décapitation du « Corps africain » : Averianov était la figure centrale de la réorganisation des actifs russes en Afrique. Sa mort crée un vide de commandement en Libye, au Mali et au Burkina Faso, où Moscou tente de bâtir une nouvelle architecture d’influence. Sans ses relations personnelles et son contrôle de fer, l’expansion de la Fédération de Russie dans la région risque de s’encliser.
Les pétroliers comme cible légitime : L’utilisation de navires civils pour transporter le haut commandement du renseignement est le signe d’une pénurie de canaux de déplacement sécurisés. Désormais, la « flotte fantôme » cesse officiellement d’être « invisible » pour les services secrets ukrainiens et occidentaux. L’attaque du Qendil crée un précédent : tout navire contournant les sanctions est désormais considéré comme un objectif militaire.
Guerre par procuration sur de nouveaux fronts : La géographie du conflit s’est étendue à la Libye et à la Turquie. La Russie passe à une tactique de terreur directe contre les alliés de l’Ukraine (comme dans le cas d’al-Haddad), ce qui pourrait conduire à un isolement encore plus grand de Moscou en Méditerranée. La Libye, longtemps terrain de manœuvre pour la Russie, se transforme en zone de chasse pour les agents du GRU.