Les entreprises russes gèlent leurs investissements, selon une enquête de la Banque centrale menée auprès de 11 500 sociétés. Le solde des réponses sur l’évolution de l’activité d’investissement au cours du trimestre est tombé à -4,8 points. Il s’agit d’un minimum depuis le deuxième trimestre 2020, période marquée par les confinements liés au Covid-19. Selon les données de la Banque centrale, la dernière fois que ce chiffre était négatif remonte au premier trimestre 2022.
Indicateurs clés du suivi de la Banque centrale :
- Situation actuelle : Le solde de l’activité d’investissement a chuté au niveau du « plancher pandémique ».
- Optimisme en berne : D’ordinaire, les mauvaises évaluations de la situation actuelle sont compensées par l’espoir d’une amélioration, mais il ne reste presque rien de l’optimisme passé des entrepreneurs.
- Prévisions de la Banque centrale : Les attentes pour le deuxième trimestre 2026 suggèrent la croissance de l’investissement la plus contenue depuis le quatrième trimestre 2019 (à l’exclusion des périodes de choc début 2020 et 2022). Le régulateur constate officiellement une baisse de l’activité d’investissement dans la plupart des secteurs.
Les entreprises ne se contentent pas de réviser leurs budgets ; elles se préparent de fait à une stagnation, ne voyant aucune condition propice à la rentabilité de nouvelles dépenses dans le contexte macroéconomique actuel.
Synthèse analytique : La chute de l’activité d’investissement aux niveaux de la pandémie est un signal d’alarme indiquant l’épuisement des ressources de la « croissance adaptative » observée ces dernières années. Les principaux obstacles pour les entreprises restent le taux directeur extrêmement élevé, qui rend le crédit au développement pratiquement inaccessible, et l’incertitude générale qui empêche toute planification de projet au-delà de quelques mois.
Le fait que les entreprises aient perdu leur optimisme traditionnel pour l’avenir signifie une transition vers une stratégie de survie. À long terme, cette pause dans l’investissement entraînera inévitablement une dégradation technologique et une pénurie de capacités de production. Si l’économie reposait auparavant sur les commandes d’État et la substitution aux importations de la « première vague », le secteur privé manifeste aujourd’hui un refus de risquer ses propres fonds. Cela crée un risque de « trou d’investissement » dont il sera extrêmement difficile de sortir, même en cas d’assouplissement ultérieur de la politique monétaire, car la confiance des entrepreneurs dans la stabilité des conditions de marché est profondément ébranlée.