La production de ciment en Russie s’effondre de 31 % dans le sillage de la construction

L’industrie cimentière russe est confrontée à une chute record. En janvier-février 2026, la production de ciment a plongé de 31,2 % par rapport à l’année précédente, pour atteindre seulement 4,2 millions de tonnes. Selon le journal Kommersant, citant les données de Soyuzcement, le secteur s’enfonce dans une dépression comparable à la crise de 2010.

Indicateurs clés de l’effondrement du bâtiment :

  • Chute de la consommation : La demande de ciment a baissé de 25,7 % en deux mois (à 4,5 millions de tonnes). Les prévisions suggèrent que le volume annuel pourrait tomber à 46 millions de tonnes, un minimum en 15 ans.
  • Crise des promoteurs : Les mises en service de logements en janvier 2026 ont diminué de 27 %, tandis que le lancement de nouveaux projets en 2025 a chuté de 12 %. Le coup de grâce a été porté par la fin des crédits immobiliers subventionnés de masse, qui a fait chuter les ventes de 26 %.
  • Arrêt des usines : La baisse de la demande équivaut à la fermeture de sept grandes usines d’une capacité de 2 millions de tonnes par an chacune. Des acteurs majeurs comme Cemros suspendent déjà leurs capacités dans les régions de Belgorod et d’Oulianovsk.

La situation est aggravée par la hausse des importations : la part des produits étrangers (principalement d’Iran, de Biélorussie et de Turquie) a grimpé à 6,7 %, évinçant davantage les producteurs nationaux d’un marché en contraction.


Synthèse analytique :

L’effondrement de la production de ciment est un indicateur avancé d’une profonde crise systémique de l’ensemble du secteur de la construction, qui a longtemps été le moteur de l’économie russe.

Fin de la bulle immobilière : Nous assistons à un atterrissage brutal du secteur après l’arrêt du soutien étatique via les crédits à taux réduit. Sans argent bon marché, la machine de construction s’est arrêtée, et l’inertie de la production de matériaux s’est heurtée au « mur de béton » de l’absence de demande.

Ampleur de la dégradation : Une prévision de consommation à 46 millions de tonnes représente un recul de quinze ans pour la Russie. Le fait que la réalité s’avère 10 à 15 % pire que les attentes les plus pessimistes des entreprises montre que le fond de la crise n’a pas encore été atteint.

Paralysie industrielle : La fermeture d’usines et la dépendance accrue aux importations iraniennes placent le secteur en mode survie. Compte tenu de l’intensité capitalistique de la production de ciment, la mise sous cocon des fours aujourd’hui signifie l’impossibilité d’une reprise rapide demain, condamnant le complexe de construction russe à une stagnation prolongée.

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