Les Russes et les entreprises retirent un demi-billion de roubles en espèces à cause des pannes d’Internet

Les coupures constantes d’Internet ont forcé les Russes et les entreprises à revenir aux espèces. Le besoin de monnaie fiduciaire explose : selon la Banque centrale (CBR), le volume d’argent liquide en circulation a augmenté de 0,3 billion de roubles en mars, après une hausse de 0,2 billion en février.

Les moteurs de la ruée vers le cash :

  • Défaillance des infrastructures : Le régulateur lie explicitement cette dynamique aux coupures récurrentes de l’Internet mobile, qui empêchent les paiements numériques et obligent la population à constituer des réserves de cash pour les transactions quotidiennes.
  • Rupture d’une tendance décennale : Traditionnellement, les espèces reviennent dans les banques au premier trimestre (après les fêtes). La sortie nette de 0,1 billion de roubles sur le trimestre est une anomalie, vue précédemment uniquement lors de la crise de 2023.
  • Déficit de liquidité : En mars, la fuite des capitaux hors des banques a été principalement alimentée par cette hausse massive de l’argent liquide en circulation.

Synthèse analytique :

Le passage massif au « cash » dû à l’instabilité d’Internet marque la régression de l’un des systèmes fintech les plus avancés au monde et un retour aux pratiques économiques des années 90.

Paralysie des infrastructures : Pendant des années, la Russie a été un leader de la pénétration des paiements sans espèces. Mais aujourd’hui, la numérisation est devenue une vulnérabilité. Les coupures d’Internet paralysent les terminaux de paiement et les applications bancaires. Pour les entreprises, cela signifie un risque d’arrêt des ventes ; pour les citoyens, l’impossibilité d’acheter des produits de base. Le passage aux espèces est une réaction de survie face à la perte de contrôle sur l’infrastructure de paiement.

Impact sur la liquidité bancaire : Le demi-billion de roubles retiré des banques est un capital qui ne travaille plus pour l’économie. Les banques perdent une liquidité bon marché, ce qui, combiné à des taux d’intérêt déjà élevés, restreint encore davantage le crédit. La CBR reconnaît que la thésaurisation des espèces a été le principal facteur de pénurie de liquidités dans le secteur bancaire en mars.

Informalisation et inflation : Le retour aux espèces favorise inévitablement l’économie souterraine. Les transactions en liquide sont plus difficiles à surveiller, ce qui réduit les recettes fiscales. De plus, la vitesse de circulation de l’argent liquide (« l’argent en main ») crée des risques inflationnistes supplémentaires. Alors qu’auparavant l’argent restait sur des comptes rémunérés, il devient désormais une ressource « chaude » prête à être dépensée immédiatement.

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