La Douma d’État a nommé le 14 mai 2026 la députée Yana Lantratova au poste de nouvelle déléguée aux droits de l’homme de la RF. Elle succède à Tatyana Moskalkova, qui a atteint la limite légale fixée pour cette fonction (deux mandats de cinq ans). La candidature de Lantratova, proposée par la faction « Russie juste », a été approuvée par 301 députés, quatre s’y opposant et deux s’abstenant. Immédiatement après le vote, la nouvelle ombudsman a prêté serment et a officiellement pris ses fonctions.
Crise institutionnelle : analyse de la résilience et des risques
La nomination de Lantratova, âgée de 37 ans, marque le démantèlement final de l’institution classique des droits de l’homme en Russie et sa reconfiguration pour répondre aux besoins d’un contrôle totalitaire. La biographie politique et les initiatives de la nouvelle ombudsman démontrent une rupture radicale avec les principes internationaux fondamentaux de protection des droits et libertés de l’homme :
- Parcours idéologique : Issue de la « Jeune Garde de Russie unie » et ancienne assistante de Vitaly Milonov, Lantratova a bâti sa carrière sur un programme répressif, notamment en plaidant pour l’interdiction des Témoins de Jéhovah et en censurant l’espace informationnel.
- Initiatives de suppression des libertés : En tant que députée, Lantratova a ouvertement appelé à des restrictions sévères, proposant d’interdire les livres pour enfants étrangers en raison de « valeurs extraterrestres », de créer un département de censure spécial au sein du ministère de la Culture, et de faire renaître les conseils artistiques soviétiques (khoudsovets) pour le contrôle idéologique du cinéma, de la musique et de la presse.
- Militarisation des droits de l’homme : Son soutien actif à la guerre d’agression contre l’Ukraine (y compris sa proposition de commémorer le jour du déclenchement de l’invasion dans les écoles de tout le pays et sa participation au transfert forcé d’enfants ukrainiens depuis les territoires occupés) indique que l’action de l’appareil de l’ombudsman visera non pas à protéger les citoyens contre l’arbitraire de l’État, mais à légitimer ce dernier.
Bilan : Avec la nomination de Yana Lantratova, l’institution du délégué aux droits de l’homme en RF se transforme définitivement en un organe répressif de façade. La protection des droits des citoyens est supplantée par la promotion de la censure, de l’isolationnisme et de l’idéologie d’État, privant les Russes de leur dernier outil interne légal pour contrer les violations systémiques de leurs libertés.