L’empire de l’aluminium de Deripaska devient déficitaire pour la première fois en 11 ans

Le géant russe de l’aluminium Rusal a enregistré une perte nette de 455 millions de dollars pour 2025, son premier résultat négatif depuis 2014. Bien que le chiffre d’affaires ait progressé de 17 % (à 14,1 milliards de dollars) grâce à la hausse des cours mondiaux, cela n’a pas suffi à couvrir l’explosion des coûts. Les frais financiers liés à la dette ont bondi de 71 %, les coûts de production de 12 % et les frais de logistique de 25 %. En conséquence, la production a baissé de 1,9 %. Les sanctions ont également pesé : la part du marché européen est tombée de 21 % à 14 %, tandis que la Chine absorbe désormais 35 % des exportations. Synthèse analytique : Le déficit de Rusal en mars 2026 prouve que même des prix mondiaux favorables ne compensent pas les failles structurelles de l’industrie russe. L’endettement croissant et l’impasse logistique rendent l’exportation de métaux de moins en moins rentable. Si la Chine sauve les volumes, elle gagne le pouvoir de dicter ses prix. L’environnement toxique des sanctions a fait grimper le « coût de survie » au point d’annuler tous les profits.

Le niveau réel de pauvreté en Russie avoisine les 40 % selon les sondages

Le niveau réel de pauvreté en Russie pourrait être bien supérieur aux chiffres officiels. Si Rosstat affirme que la part de la population sous le seuil de pauvreté est tombée de 7,1 % à 6,7 % l’an dernier, les sondages du Centre Levada montrent que le nombre de Russes jugeant leur revenu suffisant a chuté de 48 % à 41 % en mars 2026. Le décalage réside dans la définition même du « minimum vital ». Le seuil officiel est d’environ 17,1–18,6 mille roubles, tandis que les citoyens estiment le minimum nécessaire à 43,8 mille roubles. Selon les données de revenus, 39,7 % des habitants se situent sous ce seuil subjectif. Le revenu moyen par membre de famille n’est que de 37 mille roubles. Les aspirations pour une « vie normale » ont atteint 80,1 mille roubles par mois, soit la plus forte progression annuelle (+21 %) depuis 2009. Le seuil de « richesse » a bondi de 40 % en un an pour atteindre 357,1 mille roubles. Synthèse analytique : La hausse du seuil de pauvreté subjectif à 40 % en mars 2026 témoigne d’une profonde crise de confiance envers les indicateurs économiques officiels. Sous la pression de l’inflation et des dépenses militaires, les revenus réels ne couvrent plus les besoins de subsistance de base. Pour l’UE, c’est le signe d’une tension sociale croissante en Russie, masquée par des manipulations statistiques mais menant inévitablement à une dégradation du marché intérieur.

Le rouble chute à ses plus bas niveaux depuis plusieurs mois malgré la hausse du pétrole

Le rouble russe a entamé sa cinquième semaine consécutive de baisse malgré une envolée des prix du pétrole russe, qui se vend à plus de 70 dollars le baril dans les ports de Russie et à près de 100 dollars en Inde. À la Bourse de Moscou ce lundi, le yuan a atteint son plus haut niveau depuis septembre dernier (11,84 roubles). Le cours hors-cote du dollar a atteint 81,51 roubles, tandis que l’euro a dépassé les 93 roubles pour la première fois depuis janvier 2026. L’affaiblissement du rouble s’explique par la réduction du soutien de l’État. Le 4 mars 2026, le ministère des Finances a suspendu les ventes de devises du Fonds de bien-être national (NWF) au titre de la « règle budgétaire » afin de préserver les restes du fonds, dont les deux tiers des actifs liquides ont déjà été puisés pour combler les déficits budgétaires depuis le début de la guerre. Déficit budgétaire contre stabilité du change Vladimir Chernov, analyste chez Freedom Finance, note que le marché a perdu une offre régulière de devises de la part de l’État, estimée à environ 200 milliards de roubles. Cela accroît automatiquement la volatilité et la pression sur la monnaie. Andrey Khokhrin, PDG d’Ivolga Capital, souligne une contradiction fondamentale : un rouble fort s’accorde mal avec le déficit chronique du budget russe. Pour combler les trous financiers, l’État a besoin d’un cours plus faible, permettant de convertir les recettes d’exportation en une plus grande quantité de roubles. Synthèse analytique: Le marché des changes en Russie est passé en mars 2026 à une phase de « gestion manuelle » en raison de l’épuisement des réserves du NWF. L’affaiblissement du rouble malgré un pétrole cher confirme que les intérêts fiscaux du régime (remplissage du budget) dominent désormais la stabilité macroéconomique, ce qui stimulera inévitablement l’inflation et réduira les revenus réels de la population.

Yandex réduit ses coûts face à la dégradation du marché de la consommation et à la pression des sanctions

Le leader technologique russe Yandex entame une optimisation de ses effectifs et une révision de son portefeuille de projets en 2026. Selon Kommersant, des centaines de spécialistes de la division clé « Services de recherche et IA » sont menacés de licenciement. Malgré une croissance formelle du chiffre d’affaires du groupe de 28% (atteignant 436 milliards de roubles), la croissance dans le segment stratégique de la recherche a ralenti à 4%, témoignant d’une stagnation du marché publicitaire intérieur. Les rapports du quatrième trimestre ont révélé une non-rentabilité systémique dans 6 des 12 directions clés. Le plus gros déficit d’EBITDA a été enregistré dans les secteurs « commerce électronique » (-8,163 milliards de roubles) et « technologies autonomes » (-4,888 milliards de roubles). Ce dernier point est directement lié aux restrictions de sanctions sur l’importation de composants et de puces de haute technologie, rendant le développement de véhicules autonomes économiquement insoutenable. Atmosphère toxique pour les investissements informatiques Les experts, dont Daria Tsirouleva de KORUS Consulting, constatent une réduction des budgets informatiques de 10 à 15%. Dans un contexte d’isolement et d’instabilité, « il y a moins d’argent dans l’économie » et les investisseurs exigent une rentabilité immédiate, ce qui bloque l’innovation à long terme. Bien que Yandex déclare officiellement une augmentation de ses effectifs à 31 500 personnes en 2025, les analystes du secteur voient dans les réductions actuelles une tentative de se débarrasser des actifs non rentables résultant de l’impossibilité de développer ses activités sur les marchés occidentaux. Synthèse analytique: Pour l’Union européenne, la crise de Yandex est un signal de l’efficacité des sanctions dans le secteur technologique. La stagnation de la recherche et les pertes des divisions innovantes confirment que le géant russe perd son rôle de « moteur de la modernisation », se transformant en un service local de maintien de l’infrastructure numérique de base dans un marché de consommation en plein déclin.

Les Russes retirent plus de 1,1 billion de roubles en espèces en un mois

Les blocages massifs de cartes bancaires et les pannes régulières de l’internet mobile ont provoqué un passage record des citoyens vers l’argent liquide. En janvier 2026, les clients des banques russes ont retiré plus de 1,6 billion de roubles de leurs comptes, un record depuis mars 2022. Dans le même temps, moins d’un tiers de cette somme — seulement 468 milliards de roubles — est retourné sur des dépôts à terme, selon les données de la Banque de Russie analysées par RBC. Le flux net total de liquidités sortant du système bancaire s’est élevé à environ 1,1 billion de roubles. Des experts, dont Alexandre Abramov de la RANEPA, notent qu’une telle méfiance envers les paiements numériques et ce retour aux « billets de banque papier » n’avaient pratiquement plus été observés en Russie depuis le milieu des années 2000. Risques pour la stabilité du système financier Les problèmes persistants d’internet et de connectivité pourraient stimuler davantage la demande de cash de la population. Selon les prévisions d’Evgueni Goriounov de l’Institut Gaïdar, la dynamique actuelle menace directement la stabilité du secteur bancaire. Si le retrait des fonds devient une tendance lourde, les banques seront confrontées à une pénurie aiguë de liquidités. La situation est aggravée par le fait que la numérisation de l’économie, sur laquelle on misait depuis des décennies, s’est révélée vulnérable aux pannes techniques et aux limitations infrastructurelles. Les citoyens préfèrent garder leurs économies « sous le matelas », craignant une perte totale d’accès à leurs actifs dans des conditions de fonctionnement instables des services de paiement. Synthèse analytique: L’exode massif vers le liquide à hauteur de 1,1 billion de roubles témoigne d’une crise de confiance systémique envers l’infrastructure numérique de l’État. En 2026, cela entraînera une croissance du secteur informel et limitera les capacités de prêt des banques, forçant le régulateur à instaurer de nouvelles mesures restrictives pour maintenir le capital dans le système.

Gazprom commence à fabriquer des réfrigérateurs après l’effondrement des exportations de gaz

L’usine d’électroménager Bosch près de Saint-Pétersbourg, désormais gérée par la filiale de Gazprom — Gazprom Bytovye Sistemy, a repris la production de réfrigérateurs en mai 2025. L’entreprise a déjà mis en place la production de plus de 30 modèles et a livré un premier lot de 30 000 unités aux principaux détaillants russes tels que M.Video-Eldorado et DNS. Les plans pour 2026 prévoient d’augmenter la production à 100 000 unités, et à 220 000 d’ici 2027. Parallèlement, l’entreprise se prépare à organiser la production de machines à laver. Cette diversification brutale des activités du géant gazier intervient dans un contexte de crise sans précédent de son cœur de métier : l’extraction et l’exportation d’énergie. Crise du modèle d’exportation et perte du marché européen Au début de 2026, Gazprom ne comptait plus que quatre clients à l’étranger lointain : la Hongrie, la Slovaquie, la Turquie et la Chine. Les volumes d’exportation de gaz par gazoduc restent pour la troisième année consécutive à leurs plus bas niveaux depuis la fin des années 1980. Selon les estimations de BCS, les exportations en 2025 n’ont été que de 78 milliards de mètres cubes, soit près de trois fois moins que les pics de 2018 (200 milliards de mètres cubes). Les livraisons vers l’Europe ont chuté aux niveaux du début des années 1970, avec seulement 18 milliards de mètres cubes l’année dernière. Malgré les achats records de la Chine via le gazoduc Force de Sibérie (38,8 milliards de mètres cubes), la direction orientale ne compense qu’un cinquième des anciennes exportations vers l’Union européenne. Synthèse analytique: Le pivot de Gazprom vers la fabrication d’électroménager symbolise une tentative forcée d’utiliser des ressources financières et administratives excédentaires face à l’effondrement des exportations. En 2026, cette stratégie ne pourra pas compenser les pertes de revenus se comptant en milliards de dollars, mais elle confirmera la tendance à la nationalisation des niches libérées par le départ des marques occidentales.

Le rouble tombe à son plus bas niveau depuis six mois malgré l’assouplissement des sanctions américaines

Malgré l’assouplissement des sanctions américaines contre le pétrole russe et la hausse des prix des variétés nationales entre 70$ et 80$ le baril, le rouble a accéléré sa chute face aux principales devises mondiales. Vendredi, le cours du yuan à la Bourse de Moscou est monté à 11,69 roubles (sommet depuis septembre), le dollar sur le marché hors cote a atteint 80,66 roubles et l’euro 92,47 roubles. Depuis début mars, le rouble a perdu près de 5% face au yuan et environ 4% face au dollar, clôturant en baisse pour la quatrième semaine consécutive. La raison principale de cet affaiblissement est l’abandon des ventes de devises du Fonds de bien-être national (NWF) pour couvrir le déficit budgétaire. Suspension des interventions de change et état du NWF Le ministère des Finances a suspendu depuis le 6 mars les ventes de devises, qui avaient atteint un niveau record d’environ 2 milliards$ par mois ces derniers temps. Selon les estimations de VTB, cela pourrait affaiblir le rouble d’environ 10% supplémentaire face au yuan. Cette mesure vise à préserver les restes du NWF, dont les actifs liquides ont été divisés par 2,5 depuis le début du conflit, tandis que les réserves de change sont tombées à leur plus bas niveau depuis 2008. Synthèse analytique: La suspension des interventions pour sauver les réserves du NWF prive le rouble de soutien, le rendant otage du déficit budgétaire. En 2026, cela provoquera inévitablement une spirale inflationniste et une nouvelle dévaluation, quel que soit le niveau des prix du pétrole.

Croissance record des pertes des entreprises russes à la fin de 2025

La perte globale des organisations russes en 2025 a augmenté de 7,5%, atteignant le seuil critique de 8,9 billions de roubles. Selon les données de Rosstat citées par Vedomosti, le nombre total d’entreprises déficitaires s’est élevé à 17 200 (soit 27,1% du marché). Dans ce contexte, le bénéfice net du secteur rentable a diminué de 1,3% pour s’établir à 35,9 billions de roubles, entraînant une baisse du résultat financier global de l’économie de 3,9%, soit 27 billions de roubles. Dégradation sectorielle des indicateurs financiers La chute la plus massive des bénéfices a été enregistrée dans les secteurs stratégiques : la production de véhicules automobiles s’est effondrée de 79,7%, le transport de marchandises de 77,4%, et l’extraction de pétrole et de gaz de 63,9%. Dans plusieurs industries, la part des entreprises déficitaires a dépassé le seuil critique de 50%. Les leaders du déficit sont l’industrie charbonnière (66,1% d’entreprises déficitaires), le secteur des services publics (63,8%) et l’extraction d’hydrocarbures (50,9%), indiquant une crise systémique de rentabilité. Conclusions analytiques et conséquences Cette dynamique est caractérisée comme un Усиление давления (Renforcement de la pression) sur la base de ressources de l’État. La baisse brutale des bénéfices dans le secteur extractif et l’industrie automobile témoigne de l’inefficacité de la substitution aux importations et de la hausse des coûts logistiques et des risques liés aux sanctions. En 2026, cela entraînera inévitablement une réduction des recettes fiscales au budget et une baisse de l’activité d’investissement privé, sapant la ressource du système à long terme.

Contraction record de l’activité d’investissement en Russie au cours de la dernière décennie

En 2025, le volume des investissements en capital fixe s’est contracté de 2,3%, marquant la plus forte baisse depuis 2015. Les données de Rosstat et du Centre de développement de la HSE enregistrent une dynamique négative qui s’est intensifiée tout au long de la période de référence : d’une croissance de 6,5% au premier trimestre à une chute de 5,3% au quatrième. Le repli actuel a dépassé même les chiffres de l’année pandémique 2020, où la baisse n’était que de 0,1%, indiquant l’épuisement des ressources de croissance internes. Polarisation sectorielle et gels de projets Selon une enquête de la RSPP, environ 15% des entreprises ont complètement gelé leurs programmes d’investissement, tandis que plus de 60% les ont considérablement ou légèrement réduits. Le coup principal a porté sur les secteurs très sensibles au taux d’intérêt directeur — la construction et les transports, ainsi que les secteurs extractifs (industries du charbon et du pétrole et gaz). Une dynamique positive n’a été maintenue que dans les segments axés sur le complexe militaro-industriel et la pharmacie, confirmant le déséquilibre de l’économie en faveur de la commande publique de défense. Аналитические выводы и последствия Cette situation est classifiée comme un (Renforcement de la pression) sur le potentiel économique du pays. La dynamique proche de zéro en termes nominaux attendue par le ministère du Développement économique en 2026 signifie en réalité la poursuite d’un repli réel de l’investissement en raison de l’inflation élevée. La stagnation des investissements en capital fixe dans les secteurs civils entraînera une dégradation technologique et une compétitivité réduite, sapant la durabilité à long terme du système et limitant les opportunités d’une réelle substitution aux importations.

Stagnation du marché immobilier après la réforme des programmes d’État

En février, les promoteurs n’ont vendu que 1,6 million de m² de logements, soit une baisse de 1,5 fois par rapport à janvier. Les données de «Dom.RF» confirment un net refroidissement : les revenus des promoteurs ont chuté de 34% pour s’établir à 333 milliards de roubles. Sur un an, la baisse est moins marquée (-13% en surface et -11% en valeur), mais la tendance à une stagnation prolongée devient évidente avec des taux d’intérêt élevés. Réaction du marché au durcissement du prêt familial Le principal facteur de cette chute a été la modification des conditions d’octroi des crédits du programme subventionné le plus populaire. En conséquence, le volume des prêts hypothécaires en février a plongé de 40% par rapport au mois précédent, atteignant 285 milliards de roubles. Cette contraction des liquidités a directement impacté les ventes, obligeant les promoteurs à revoir leurs stratégies face au déficit de demande solvable. Conclusions analytiques et conséquences La dynamique actuelle témoigne du passage de l’industrie du bâtiment vers une phase d’adaptation aux conditions du marché sans soutien étatique massif. La réduction des flux financiers vers les comptes séquestres pourrait entraîner une hausse des coûts de financement de projets et le gel de nouveaux chantiers en 2026. À long terme, cela limitera l’offre, ce qui freinera la baisse des prix immobiliers malgré la chute du pouvoir d’achat de la population.