La Russie et la Chine opposent leur veto à la résolution de l’ONU sur l’ouverture du détroit d’Ormuz

La Russie et la Chine ont bloqué l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon l’Associated Press, malgré plusieurs cycles de révision pour assouplir le texte, les deux pays ont exercé leur droit de veto. Détails clés du vote : Synthèse analytique : Le veto de la Russie et de la Chine prive Washington de la possibilité de s’appuyer sur le droit international pour frapper l’Iran, transformant l’opération imminente en une « guerre privée » de l’administration Trump. Calcul géopolitique : Pour la Chine, un détroit fermé est une catastrophe économique, mais reconnaître le droit des États-Unis à « imposer l’ordre par la force » est un risque encore plus grand. Pour la Russie, le chaos actuel est bénéfique en raison des prix records du pétrole Oural (116 $). En soutenant l’Iran à l’ONU, les deux pays confirment leur statut de centres de pouvoir alternatifs capables de paralyser les initiatives de la Maison-Blanche. Le piège de Trump : Donald Trump se retrouve dans une situation où l’exécution de son ultimatum apparaîtra comme une violation unilatérale de l’ordre international, sans le soutien du Conseil de sécurité. Cela fragilise les relations des États-Unis avec leurs alliés européens, traditionnellement pointilleux sur la légitimité des opérations militaires. Le gambit iranien : Fort de l’appui de deux puissances nucléaires à l’ONU, Téhéran ne cédera probablement pas avant la fin du délai. Le veto a convaincu les ayatollahs qu’ils ne sont pas isolés. Le monde est désormais au bord de frappes massives contre les infrastructures iraniennes, ce qui pourrait provoquer une envolée imprévisible des prix de l’énergie et un nouveau cycle de confrontation mondiale.

« Pas de chargement avant fin avril » : la plus grande raffinerie de Lukoil s’arrête après une attaque de drones

La raffinerie de Nijni Novgorod (NORSI), la 4e plus importante de Russie, a suspendu le raffinage de pétrole suite à une attaque de drones le 5 avril, rapporte Reuters. Fournisseur crucial de la région de Moscou, l’usine a cessé de recevoir du brut et a retiré ses volumes d’essence et de diesel des ventes à la bourse de Saint-Pétersbourg. Ampleur et conséquences de l’arrêt : Synthèse analytique : La paralysie de la raffinerie de Nijni Novgorod signifie que les frappes contre le secteur pétrolier russe sont passées d’attaques de harcèlement à une crise systémique du carburant. Coup porté au « cœur » de la consommation : Contrairement aux usines orientées vers l’exportation, NORSI dessert le marché intérieur. La perte de 5 millions de tonnes d’essence par an, alors que les géants des régions de Leningrad et de Saratov sont déjà à l’arrêt, crée une situation de « tempête parfaite ». Le gouvernement devra soit puiser dans les réserves stratégiques, soit augmenter d’urgence les importations depuis la Biélorussie. Impasse technologique : L’estimation d’un arrêt « jusqu’à fin avril » est optimiste. Si des unités critiques de reformage catalytique ou de distillation primaire sont touchées, les réparations sous sanctions pourraient prendre des mois. Le fait que trois géants tombent simultanément prouve que la défense antiaérienne peine à protéger les sites industriels, même profondément à l’intérieur du pays. Ironie économique : Alors que le pétrole brut à l’exportation atteint 116 $ (crise d’Ormuz), la Russie fait face à un paradoxe interne : un surplus de brut mais une pénurie de carburant raffiné. Cela prive l’économie de la valeur ajoutée du raffinage et frappe durement le secteur agricole en pleine saison des semis.

Le prix du pétrole russe s’envole à 116 $ le baril, une première en plus de 13 ans

Les prix du pétrole russe continuent de grimper en flèche en raison du blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitait environ un quart des approvisionnements mondiaux. Selon Bloomberg, citant les données d’Argus, le prix du baril de l’Oural (Urals) dans les ports baltes de Russie a atteint 116,05 $ à la fin de la semaine dernière — son plus haut niveau depuis au moins 13 ans. Depuis fin décembre, le prix de la principale marque d’exportation russe a bondi de 230 %. Indicateurs clés de la flambée des prix : Synthèse analytique : L’envolée de l’Oural à 116 $ est un cas d’école de « cygne noir » qui a totalement annulé l’effet des sanctions occidentales et du plafonnement des prix en un temps record. L’ironie de la pénurie : Les sanctions contre Rosneft et Lukoil fonctionnaient tant que le marché était saturé. Dès que le détroit d’Ormuz a été fermé, l’Inde et la Chine ont balayé leurs craintes liées aux sanctions. Le pétrole russe n’est plus un « problème », mais un « salut » pour les raffineries asiatiques, permettant à Moscou de dicter ses conditions et d’imposer un surcoût par rapport au Brent de référence. Résilience des ressources de la RF : L’afflux de revenus excédentaires de 1 000 milliards de roubles par mois offre au Kremlin une marge de sécurité colossale. Ces fonds couvrent non seulement le déficit budgétaire, mais permettent aussi de financer les dépenses militaires sans recourir à l’austérité. De fait, la guerre au Moyen-Orient est devenue le principal bailleur de fonds de l’économie russe en 2026. La fin du « plafonnement des prix » : Cette situation démontre l’impuissance des restrictions administratives du G7 face à une pénurie physique mondiale de matières premières. En l’absence d’alternative, les mécanismes de marché brisent toutes les barrières politiques. Pour l’Occident, cela crée un dilemme complexe : maintenir la pression sur la Russie au risque d’un effondrement énergétique mondial, ou observer silencieusement Moscou accumuler des richesses record.

Le Kazakhstan écarte la Russie de la construction de centrales électriques

Le Kazakhstan a décliné les services des entreprises russes pour la construction de centrales thermiques (CET) à Semeï, Kokchetaou et Öskemen. Lors d’une réunion du gouvernement, il a été annoncé que le Kazakhstan avait décidé de construire lui-même la centrale de Kokchetaou, tandis que les deux autres seront réalisées par un consortium kazakho-singapourien incluant Samruk-Energy. Détails clés du changement de cap : Synthèse analytique : Le retrait du Kazakhstan de l’accord énergétique avec la Russie illustre parfaitement comment les taux d’intérêt élevés et la pression des sanctions sur les banques russes privent Moscou de son statut d’« exportateur d’infrastructures ». L’échec de la diplomatie financière : Le modèle d’influence traditionnel du Kremlin — « nous construisons, nos banques prêtent » — ne fonctionne plus. Dans les conditions actuelles du marché russe, offrir des financements préférentiels pour des projets étrangers à long terme est devenu un luxe inabordable pour Moscou. Astana a pragmatiquement choisi les investissements singapouriens, qui ne sont pas grevés par les risques de sanctions et présentent une structure plus transparente. Indépendance technologique : Le remplacement d’Inter RAO par des capacités nationales et des partenaires asiatiques suggère que le Kazakhstan ne considère plus les technologies énergétiques russes comme indispensables. L’utilisation de l’expertise singapourienne pourrait signifier une transition vers des normes écologiques et numériques plus modernes dans la gestion des centrales, ce qui est crucial pour la modernisation du réseau énergétique vieillissant du pays. Dérive géopolitique : Le rejet public d’accords conclus au niveau présidentiel souligne la distance croissante entre Astana et Moscou. Le Kazakhstan poursuit sa politique multivectorielle, démontrant que le statut d’« allié de l’UEEA » ne donne pas à la Russie un droit automatique sur les grands contrats d’infrastructure s’ils ne sont pas soutenus par des capitaux réels et compétitifs.

Le trafic dans le détroit d’Ormuz atteint un niveau record depuis le début de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran

Au cours du week-end dernier, les 4 et 5 avril 2026, 21 navires ont traversé le détroit d’Ormuz — le chiffre le plus élevé sur deux jours depuis début mars, lorsque le mouvement dans cette artère stratégique s’était presque arrêté en raison de l’opération militaire lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon Bloomberg, la reprise du trafic a été rendue possible par des négociations actives menées avec Téhéran par les gouvernements confrontés à de graves pénuries d’énergie. L’agence souligne que le fait même de ces négociations renforce l’emprise de l’Iran sur le détroit. Détails clés de la situation actuelle : Synthèse analytique : La recrudescence du trafic dans le détroit d’Ormuz démontre une nouvelle réalité où la sécurité énergétique mondiale dépend de la capacité des pays individuels à négocier avec l’Iran en contournant les sanctions américaines. Légitimation par le blocus : L’Iran utilise le détroit comme une « monnaie d’échange diplomatique ». En acceptant de laisser passer des pétroliers vers l’Inde ou d’autres pays, Téhéran fracture l’unité de la coalition anti-iranienne. Les pays en manque d’énergie sont contraints de reconnaître la souveraineté de l’Iran dans le détroit, ce qui sape les efforts des États-Unis pour isoler totalement le régime. Économie de survie contre puissance militaire : Même sous les frappes massives d’Israël et des États-Unis, l’Iran conserve la capacité de bloquer ou d’autoriser physiquement le passage des navires. Cela rend l’opération militaire des alliés moins efficace : on peut détruire les infrastructures, mais assurer la sécurité de la navigation civile sans le consentement de Téhéran reste presque impossible. Équilibre fragile pour l’Inde et l’Asie : Le fait que les principaux bénéficiaires de ce « dégel » soient les transporteurs de GNL pour l’Inde indique une tentative de l’Iran de maintenir la loyauté des acteurs asiatiques clés. Pour New Delhi et Pékin, le détroit d’Ormuz reste une route sans alternative, et leur volonté de négocier avec Téhéran crée un dilemme géopolitique majeur pour les États-Unis.

La deuxième plus grande raffinerie de Russie à l’arrêt après une frappe de drone

L’un des piliers du raffinage russe — l’usine Kirishinefteorgsintez (KINEF) dans la région de Leningrad — a cessé ses activités suite à une attaque nocturne de drones le 26 mars. Selon Reuters, les frappes ont mis hors d’usage des unités clés de l’entreprise, entraînant un arrêt complet du cycle de production. Ampleur des dégâts et conséquences : Synthèse analytique : L’arrêt de « KINEF » n’est pas un simple accident local, c’est un coup dur pour la sécurité énergétique et le potentiel d’exportation de la Russie. Vulnérabilité des géants : Le fait que la deuxième plus grande raffinerie du pays soit mise hors service pour la troisième fois témoigne de l’incapacité des systèmes de défense antiaérienne à protéger les infrastructures critiques en profondeur. La destruction simultanée de deux unités (AVT-4 et AVT-6) indique une grande précision et une volonté de paralyser totalement le site. Pénurie de carburant et prix : La perte de 7 % de la capacité nationale de raffinage provoquera inévitablement des pénuries sur le marché intérieur. La situation est particulièrement critique pour le diesel. Cela entraînera une nouvelle hausse des prix à la pompe et créera des problèmes pour la logistique et les campagnes agricoles. Impasse technologique : Les délais de remise en état des unités AVT restent incertains. Sous sanctions, le remplacement d’équipements de haute technologie et de l’automatisation devient un défi majeur. Chaque semaine d’arrêt représente des millions de tonnes de produits pétroliers perdus et des milliards de roubles de manque à gagner pour Surgutneftegaz et le budget de l’État. La géographie des frappes montre qu’il n’existe plus de zones sûres pour l’industrie pétrolière russe.

Des drones ukrainiens frappent l’un des plus grands terminaux pétroliers russes de la mer Noire pour la deuxième fois ce printemps

Dans la nuit du 6 avril 2026, des drones ukrainiens ont lancé une attaque massive contre la ville de Novorossiïsk, dans la région de Krasnodar, a rapporté le gouverneur Veniamin Kondratiev. La cible principale était le terminal pétrolier « Sheskharis », l’un des complexes de transbordement de pétrole et de produits pétroliers les plus stratégiques du sud de la Russie. Kondratiev a confirmé des dommages sur le site de plusieurs entreprises et a fait état de huit blessés, dont deux enfants. Cette installation est un maillon essentiel de l’infrastructure d’exportation russe et, selon l’état-major ukrainien, est activement utilisée pour approvisionner les forces russes. Détails clés de l’attaque et sa signification : Synthèse analytique : Les frappes sur « Sheskharis » marquent le début d’un blocus économique effectif des ports russes de la mer Noire grâce à une « flotte de moustiques » composée de drones à longue portée. Vulnérabilité de la « Porte du Sud » : Novorossiïsk est devenu le principal hub d’exportation de la Russie, alors que les ports de la Baltique font face à des difficultés logistiques croissantes. Des frappes systématiques sur le terminal de Sheskharis rendent l’assurance des navires dans cette région excessivement chère et le risque pour les pétroliers critique. C’est un coup direct porté au budget russe, qui reste fortement dépendant des exportations maritimes de matières premières. Dilemme de la défense antiaérienne : Le fait que des drones parviennent à franchir les défenses échelonnées d’un port aussi vital deux fois en un mois témoigne d’un déficit de systèmes de défense antiaérienne dans le secteur sud. La priorité accordée à la protection de Moscou et du pont de Crimée laisse les géants industriels de la région de Krasnodar partiellement vulnérables. Logistique militaire menacée : Novorossiïsk remplace de plus en plus Sébastopol comme principale base logistique. La mise hors service des terminaux et des quais de « Chernomortransneft » frappe non seulement le trésor public, mais aussi la capacité de la flotte et du groupement sud à s’approvisionner rapidement en carburant. Si ces attaques deviennent hebdomadaires, l’activité du port pourrait être paralysée sans déclaration formelle de blocus naval.

La Suède immobilise un troisième navire de la « flotte fantôme » russe en un mois

Les garde-côtes suédois ont intercepté en mer Baltique le pétrolier Flora 1, suspecté d’être à l’origine d’une marée noire à 12 kilomètres de l’île de Gotland. Selon les données de MarineTraffic, le navire, lié à la flotte fantôme russe utilisée pour contourner les sanctions, arrivait du port de Primorsk. Une enquête pour crime environnemental a été ouverte. Chronologie des saisies : Synthèse analytique : L’immobilisation du Flora 1 illustre le changement de doctrine de Stockholm : utiliser le droit de l’environnement comme levier pour démanteler la flotte fantôme russe. L’écologie comme arme juridique : S’il est complexe de prouver une violation du « plafonnement des prix » en mer, une pollution avérée ou l’absence d’assurance conforme offre une base légale irréfutable pour saisir un navire dans les eaux territoriales. Le ministre de la Défense civile, Carl-Oskar Bohlin, a qualifié ces navires vétustes de « menace sérieuse pour la sécurité et l’environnement ». La Baltique, un « lac de l’OTAN » : Depuis l’adhésion de la Suède à l’Alliance, le contrôle des détroits baltes s’est durci. La volonté de Stockholm de mener des opérations d’abordage (comme sur le Sea Owl) rend la logistique via Primorsk et Oust-Louga extrêmement périlleuse. La flotte fantôme, dans laquelle le Kremlin a investi des milliards, perd son principal atout : son invulnérabilité. Chaque saisie risque de dévoiler les montages financiers et d’entraîner de nouvelles sanctions ciblées.

Les exportations hors matières premières chutent de 30 milliards de dollars : la Russie reste une « station-service »

Le volume des exportations russes non liées aux matières premières et à l’énergie (NNE) s’est élevé à 163,6 milliards de dollars en 2025, a annoncé Roman Chekushov, vice-ministre de l’Industrie et du Commerce. Malgré une hausse affichée de 11 % par rapport à l’année noire 2024, les chiffres confirment que la Russie ne retrouve pas son niveau d’avant-guerre. La réalité des chiffres : Synthèse analytique : La croissance des exportations hors hydrocarbures en 2025 n’est qu’un effet de « base faible » après la chute catastrophique de 2024, où les volumes avaient atteint leur plus bas niveau en sept ans. Une station-service aux cuves vides : Le Kremlin tente de présenter la baisse de la part du pétrole comme un succès de diversification. En réalité, c’est la conséquence des décotes liées aux sanctions et d’une conjoncture mondiale défavorable. La Russie ne vend pas plus de produits manufacturés ; elle reçoit simplement moins d’argent par baril. Des exportations à faible valeur ajoutée : Même au sein de la catégorie hors matières premières, la croissance est portée par les produits de base — engrais, métaux et produits agricoles. Le secteur de haute technologie continue de décliner, privé de composants occidentaux par les sanctions. L’illusion de la « demande » : Les rapports officiels sur l’attractivité des produits russes ignorent que les exportations vers les pays « amis » se font souvent avec des rabais massifs et des coûts logistiques qui absorbent les profits. L’économie russe reste l’otage d’un modèle extractif, mais avec un socle technologique désormais délabré.

Rosneft : chute des bénéfices par 4, le géant pétrolier au cœur d’une « tempête parfaite »

Rosneft, le plus grand producteur de pétrole de Russie, a subi une chute de son bénéfice net de près de quatre fois à l’issue de l’année 2025. Selon les rapports IFRS, la société a réalisé un bénéfice de 293 milliards de roubles, contre 1 084 milliards l’année précédente. Au seul quatrième trimestre, le bénéfice a été divisé par dix. Indicateurs clés de la débâcle financière : Synthèse analytique : Le rapport de Rosneft est un diagnostic de l’ensemble du modèle extractif russe dans un contexte d’isolement et de guerre prolongée. Setchine contre la Banque Centrale : Les plaintes publiques d’Igor Setchine concernant le « taux directeur élevé » révèlent une fracture entre le secteur industriel d’État et le régulateur financier. L’énorme dette de Rosneft, combinée à des crédits coûteux, « dévore » littéralement tout le bénéfice d’exploitation. L’entreprise ne peut plus satisfaire ses propres besoins tout en finançant les objectifs stratégiques de l’État. Fin des superprofits : La chute des bénéfices par quatre signifie une réduction drastique des dividendes et des recettes fiscales. Cela crée un trou béant dans le budget 2026, que le Kremlin devra combler soit par la planche à billets, soit par une nouvelle hausse de la pression fiscale. Sans technologies occidentales, le projet « Vostok Oil » devient un gouffre financier plutôt qu’un moteur de croissance.